|
|
|
jeudi 24 juillet 2008 |
|
|
Vous êtes dans
Au Parlement européen
Stratégie de Lisbonne
|
|
|
"Une stratégie de Lisbonne qui contribue au modèle social européen"
Dans son intervention en session plénière, le 9 mars 2005, Harlem DESIR, co-rapporteur de la résolution du Parlement européen sur la Stratégie de Lisbonne, s'est réjoui que cette résolution soit "un message clair, fort et qui va dans le sens d'une stratégie de Lisbonne qui contribue au modèle social européen".
|
|
Monsieur le Président,
Monsieur le Président de la Commission, Monsieur le Vice-Président, je voudrais d'abord remercier mon corapporteur, M. Klaus-Heiner Lehne, pour le travail que nous avons effectué en commun pour préparer la résolution qui sera soumise au vote du Parlement aujourd'hui. Je me réjouis également d'avoir d'ores et déjà entendu, dans les propos du président et du vice-président de la Commission, un écho de ce que notre résolution exprime.
L'Union européenne, au cours des dernières années, s'est dotée d'une monnaie, s'est élargie, a adopté un projet de Constitution; elle a établi son cadre. Mais le contenu de ses politiques n'est pas à la hauteur des attentes de ses citoyens. C'est pourquoi elle doit se concentrer sur la croissance, sur l'emploi, sur la cohésion sociale et territoriale, non seulement parce que c'est l'objet même de cette construction européenne – maintenant que la paix est assurée – mais aussi parce que c'est la condition du soutien des citoyens, comme l'a dit Martin Schulz, aux projets politiques de construction de l'Europe. C'est pourquoi la stratégie de Lisbonne doit être la priorité de l'Union au cours des cinq prochaines années. Nous pensons que cette stratégie est la bonne, à condition qu'elle soit prise au sérieux, c'est-à-dire qu'elle soit effectivement mise en œuvre dans les États membres dans les trois dimensions définies lors du sommet de 2000 sous présidence portugaise.
Notre objectif doit être de miser sur la compétitivité et la croissance européenne, en les fondant sur les éléments du modèle européen et non pas – comme nous avons parfois eu le sentiment que vous le faisiez, Monsieur le Président, lorsque vous évoquiez vos trois fils – en opposant l'un des trois fils aux deux autres. Nous pensons qu'on ne servira bien la compétitivité économique qu'en s'occupant tout autant du social et de l'environnement.
Nous ne croyons pas que l'Europe ait un avenir en tant que compétiteur à bas coût. Je me réjouis de vous avoir entendu évoquer la nécessité de miser sur l'excellence, sur la qualité de la formation de la main-d'œuvre, sur le capital humain, sur la recherche, sur la qualité des infrastructures et des services publics. Ce sont ces atouts qui feront que les investisseurs miseront sur l'Union européenne. C'est parce que les produits de l'Union européenne intégreront davantage de technologie, de savoir-faire, d'éco-innovation qu'ils trouveront leur place sur les marchés mondiaux. C'est parce que nous relancerons la croissance sur cette base que nous aurons les moyens de financer effectivement un haut niveau de formation, de redistribution, de cohésion sociale au sein de l'Union, et en particulier de l'Union élargie.
Il y a donc une bataille à mener, une clarification à opérer. En effet – et je me réjouis que pour l'essentiel dans ce Parlement, au travers de notre projet de résolution, nous soyons parvenus à éviter ces écueils –, un certain nombre de gens voudraient que la stratégie de Lisbonne se réduise à une sorte de recette magique, à un programme de libéralisation tous azimuts: libéralisation du marché des services, libéralisation du marché du travail, libéralisation des systèmes de retraite. Comme si cela suffisait en soi à assurer la relance de la croissance et de la compétitivité européennes. Non seulement c'est un peu court, mais je crois que ça passe totalement à côté du sujet.
L'Europe a besoin de réformes et nous en sommes d'accord. Elle a besoin d'adaptations et d'une économie plus dynamique, mais elle a aussi besoin d'investissements, elle a besoin de relancer la demande intérieure, elle a besoin de coordonner ses efforts sur ce qui peut faire demain sa richesse et sa chance dans la compétition internationale. C'est pourquoi notre résolution insiste sur des perspectives financières cohérentes avec la stratégie de Lisbonne, c'est-à-dire un doublement du budget européen de la recherche et un effort constant en ce qui concerne les grands réseaux transeuropéens, la cohésion sociale et la politique régionale. C'est pourquoi notre résolution insiste sur un agenda social ambitieux, qui doit être intégré dans cette stratégie globale, et sur le fait que la road map que vous avez présentée – le plan d'action législatif et budgétaire – doit porter sur les trois dimensions de la stratégie de Lisbonne.
Nous avons le sentiment aujourd'hui qu'il reste un déséquilibre, que l'essentiel des propositions concrètes porte sur la compétitivité, l'économie, les réformes structurelles et qu'il manque des incitations, des initiatives législatives dans le domaine de la cohésion sociale et dans le domaine environnemental. Par exemple, nous voulons maintenant voir un véritable projet de directive-cadre sur les services d'intérêt général. Nous voudrions voir une réforme des comités d'entreprises européens pour dire que la qualité des relations sociales en Europe fait partie de notre stratégie de développement. Nous voudrions voir dans le domaine des éco-innovations davantage d'initiatives concrètes et nous nous réjouissons de constater qu'enfin, la politique industrielle articulée avec l'innovation et l'aide aux petites et moyennes entreprises est inscrite au programme de la Commission.
Voilà le sens du message qui sera exprimé par le Parlement européen. Je me réjouis que nous soyons parvenus à un accord très large encore une fois grâce au travail de M. Daul, de M. Lehne, de Mme Thyssen. Je regrette qu'un certain nombre d'autres groupes de gauche ne se joignent pas à nous sur la base du contenu de cette résolution. Je peux comprendre qu'il reste des divergences, mais je crois, très honnêtement, que nous sommes arrivés à un message clair, fort et qui va dans le sens d'une stratégie de Lisbonne qui contribue au modèle social européen.
(Applaudissements)
|
|
|
|
|
|
|