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jeudi 04 décembre 2008 |
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Mondialisation - OMC
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Interview : premier bilan du FSM 2006
La 6ème édition du Forum social mondial a la particularité de se dérouler en trois lieux successifs. Trois villes sur trois continents : Bamako (Mali), 19 au 23 janvier, Caracas (Vénézuela), du 24 au 29 janvier, puis Karachi (Pakistan), fin mars. Trois rendez-vous auxquels participe le Parti socialiste.
Alors que les débats se poursuivent à Caracas, Harlem Désir, secrétaire national à la mondialisation du PS, de retour de Bamako, dresse le bilan de la première édition africaine du Forum social mondial.
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Quel bilan tirez-vous du Forum social mondial de Bamako ?
Organiser ce forum, avec très peu de moyens comparé à ceux déployés au Brésil ou même en Inde, alors que les efforts étaient dispersés, avec la tenue en parralèle d’un autre forum à Caracas, était un défi pour les maliens et le comité africain : ils y sont parvenus. Cette initiative reflète l’essor d’une société civile africaine qui va jouer un rôle croissant dans le processus démocratique. Il était marquant de voir la présence de centaine d’associations – de femmes, d’agriculteurs, de jeunes, etc. -, venues d’une quarantaine de pays et qui, malgré un contexte parfois très hostile, sont en train de renforcer leur assise dans la société et de se mettre en réseaux. Je suis convaincu que ces réseaux joueront un rôle grandissant à l’avenir sur ce continent marqué par les dictatures et où la démocratie reste très fragile quand elle existe.
Avez-vous le sentiment d’un essoufflement du mouvement altermondialiste ?
Je ne crois pas. Avec environ 15 000 personnes, la participation n’a pas été aussi nombreuse qu’à Porto Alegre. Mais l’élargissement du mouvement au continent africain, représenté jusque-là de façon marginale, est une étape importante pour le mouvement altermondialiste et l’évolution des forums eux-même. C’est le continent le plus pauvre, le plus exclu de la mondialisation actuelle, et il était presque absent du mouvement de la nouvelle société civile mondiale. Sauf comme objet de préoccupatiion et de solidarité. Il fait son entrée comme acteur et continuera l’an prochain à Nairobi (Kenya), le prochain grand forum unique qui sera le vrai test.
Par ailleurs, les forums sont toujours un peu chaotiques car ce sont des plateformes de débats qui ne s’imposent pas la cohérence, mais l’ouverture. Mais ils restent productifs et jouent encore leur rôle de mise en réseau et de catalyseur. L’appel mondial contre la pauvreté, en 2005, les campagnes pour l’annulation de la dette, pour les taxes mondiales ou pour l’accès aux médicaments ont été renforcé, élargi, par la dynamique des Forums et ont débouché sur de premières victoires. Des campagnes sur l’eau, les règles du commerce agricole, mais aussi sur de nouveaux thèmes comme le droit au « travail décent » et les libertés syndicales au sur tous les continents, sont en train de se développer.
Quels ont été les grands thèmes de débat ?
Les débats, centrés sur le développement et la résistance au libéralisme, ont pris un tour très concret, avec pour enjeu les possibilités d’actions de solidarité sur des problèmes précis : l’accès à l’eau, la dette, malgré les premières annulations, le rôle de la banque mondiale et les privatisations de chemin de fer par exemple, mais aussi les droits des femmes, etc.
Un des thèmes qui a suscité les débats les plus durs et les plus émouvants a été l’immigration, avec des témoignages de « refoulés » à Ceuta et Melilla, des interpellations très fortes à l’égard de l’Union européenne et de la France et le sentiment d’un traitement de plus en plus indigne de la part de pays avec lesquels il existe des liens historiques forts.
Quels sont les principaux rendez-vous auxquels a participé le Parti socialiste ?
La délégation du parti a participé s’est répartie pour participer au plus grand nombre de ces débats et a co-organisé, avec le Forum progressiste global et la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), et l’ONG Solidar un séminaire sur le « travail décent », qui a rassemblé des syndicalistes de toute l’Afrique.
Le MJS a également lancé le Forum progressiste global-Jeunes avec des jeunes socialistes et militants associatifs africains, qui a beaucoup porté sur l’emploi des jeunes, encore plus dramatique en Afrique que chez nous.
Nous avons aussi rencontré les deux partis membres de l’IS au Mali, l’ADEMA et le RPM (Rassemblement pour le Mali), dirigés l’un et l’autre par deux anciens premiers ministres, Mandé et IBK, l’actuel Président de l’Assemblée nationale, qui conduisaient leurs délégations resepctives. Ils nous ont fait part de leurs souhaits d’une présence accrue des socialistes français en Afrique pour ne pas laisser le terrain à Jacques Chirac, à la droite et à une conception postcoloniale et paternaliste de la relation France-Afrique avec laquelle il est plus que temps de rompre. Une relation à laquelle il ne faut pas renoncer, mais qu’il faut faire évoluer, en l’européanisant pour les questions stratégiques qui doivent sortir de la logique de pré-carré, en l’ancrant dans les principes démocratiques, en développant d’autre part la coopération décentralisée. Ce fut aussi l’un des sujets de notre rencontre avec le Président de la République du Mali, Amadou Toumani Touré, un ancien militaire qui a renversé la dictature puis rendu le pouvoir aux civils, avant de se présenter, dix ans plus tard, à des élections.
Enfin, nous avons rencontré les représentants des ONG françaises et de plusieurs syndicats présents à Bamako. Elles nous ont annoncé qu’elles interpelleraient les partis et leurs candidats sur leurs propositions pour le développement au travers de multiples initiatives nationales et locales dans la perspective des élections présidentielles et législatives de 2007. Elles ont également accepté de participer aux auditions publiques sur la mondialisation que le PS organisera dans la perspective de la préparation de son projet pour 2007, de février à avril prochain, en 6 séances, avant la tenue, en mai, d’un colloque international, pour un débat entre le PS, la société civile, des représentants des institutions internationales et des syndicalistes internationaux.
*La délégation du PS au FSM de Bamako, conduite par Harlem DESIR, était composée de :
Marie-Arlette Carlotti (Députée européenne)
Razzye Hammadi (Président du MJS)
Guy Labertit
Safia Otokoré
Rémi Bazillier (IUSY)
Corinne Bord
Elodie Vaxelaire
Bertrand Gallet (Cité Unies France)
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