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vendredi 05 décembre 2008 Harlem Desir

Vous êtes dans Mondialisation - OMC
Intervention d'Harlem DESIR sur l'OMC
Harlem Désir est intervenu en session plénière du Parlement européen, le 3 avril sur les négociations qui se tiennent dans le cadre du cycle de Doha. Il a notamment demandé que les pays industrialisés fassent des gestes significatifs, en faveur du développement.

Voici le texte de son intervention :

Harlem Désir (PSE). – Monsieur le Président, Madame la Commissaire, je voudrais d'abord féliciter à mon tour notre rapporteur et dire, après votre présentation, comme après celle que Pascal Lamy est venu faire, au nom de l'OMC, devant la commission du commerce international il y a quelques jours, que l'on voit qu'après Hong Kong, après Londres, après Rio, le cycle de Doha reste en suspens et qu'il est même en danger.

Certes, il avance mais il avance moins vite que l'horloge de l'expiration du mandat de négociation de l'administration américaine et, contrairement aux cycles précédents, nous n'avons pas cette fois la possibilité de prolonger de deux ou trois ans les discussions, sauf à mettre en péril l'ensemble de l'édifice multilatéral. Je crois que si l'on est attaché à ce cadre multilatéral, il faut aujourd'hui appeler chacun des acteurs à faire le dernier effort. Après les simulations par ordinateur de Londres, après les prémices ou les préliminaires printaniers de Rio, il faut maintenant passer aux actes.

Il faut en particulier que les pays industrialisés, l'Europe, les États-Unis prennent des décisions et des engagements, fassent les gestes nécessaires car ce cycle est un cycle du développement. Certes, les pays du G20, les pays émergents, devront eux aussi faire un certain nombre de concessions sur le plan des tarifs industriels, mais nous savons que la réciprocité sera moins que totale. Nous ne pouvons exiger d'eux qu'ils mettent en danger un certain nombre de secteurs économiques fragiles ou de secteurs de l'industrie ou des services qui ne sont pas encore forcément prêts à être ouverts à la compétition internationale.

Je crois donc que ce cycle mérite malgré tout d'être conclu et je me différencie peut-être en cela de certains amis comme M. Agnoletto qui faisait remarquer tout à l'heure ses insuffisances. Il y a certes des insuffisances mais aussi des avancées et l'énergie de l'Union européenne doit se concentrer sur le respect des engagements qui ont été pris en faveur du développement. Je citerais notamment la suppression des subventions aux exportations. La mise en œuvre doit commencer avant 2013 et, surtout, s'accompagner d'un mécanisme d'engagement et de contrôle qui garantisse que les autres pays industrialisés, et pas seulement l'Union européenne, vont dans le sens de la suppression de tous les soutiens aux exportations.

De même, l'accès au marché des pays riches pour les produits agricoles des pays en développement sera accru, mais il faut que l'on réduise la liste des produits sensibles. Les pays les moins avancés doivent réellement bénéficier d'un accès libre de droits et de quotas, c'est pourquoi il faut que l'on supprime une partie des 3% de lignes tarifaires pour lesquelles ne s'appliquerait pas cette règle et qui vont permettre à certains pays comme le Japon ou l'Australie d'échapper à cet effort. Il faut encore que l'on modifie les accords ADPIC pour garantir un accès aux médicaments dans les pays pauvres et que l'on prévoie dans le paquet développement que les aides au commerce ne se substituent pas aux aides déjà prévues dans le cadre de l'aide publique au développement pour financer les objectifs du Millénaire.

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