|
|
|
vendredi 05 décembre 2008 |
|
|
Vous êtes dans
Au Parlement européen
Stratégie de Lisbonne
|
|
|
Intervention d'Harlem DESIR sur le Sommet européen de Printemps
Comme avant chaque Sommet européen de printemps, les députés européens ont débattu mercredi 12 mars 2008 du contenu des discussions à l’ordre du jour. Le secrétaire d’Etat slovène aux affaires européennes, Janez Lenarčič, a ainsi rappelé aux parlementaires que les débats entre chefs d’Etats et de gouvernement seraient consacrés aux progrès de la stratégie de Lisbonne, dédiée à l’emploi et à la croissance, ainsi qu’à l’énergie, au changement climatique et aux turbulences sur les marchés financiers. Les députés ont ensuite pris tour à tour la parole. Voici l'intervention d'Harlem DESIR.
|
|
Harlem Désir (PSE). –Monsieur le Président de la Commission, chers collègues.
A la veille de ce sommet de printemps, l'économie "turbule", les marchés sont déréglés, les bourses craquent, la croissance trinque. Ainsi va le capitalisme global, tantôt créateur de richesses, tantôt destructeur de valeurs, soumis aux aléas des marchés, de ses bulles spéculatives, de ses produits dérivés, de ses traders fous, qui ne font d'ailleurs que ce qu'on leur demande, c'est-à-dire rechercher le profit maximum en un minimum de temps.
Mais si les marchés sont ainsi, aucune société humaine ne peut vivre comme cela. C'est en tout cas ce qui peut faire le sens même de l'Europe dans ce marché globalisé, de l'Europe qui ne peut évidemment pas totalement échapper à ces tourmentes, qui est elle-même un acteur de la mondialisation, qui en bénéficie souvent, mais c'est en grande partie son sens, sa vocation, dans cette globalisation, que de contrebalancer ce capitalisme fou par des régulations publiques, des stabilisateurs économiques, des politiques actives de soutien à la croissance de l'économie réelle, de soutien aux investissements publics et privés dans la recherche, dans l'innovation, dans les infrastructures européennes. La politique monétaire doit protéger la stabilité – c'est le cas –, mais elle doit aussi stimuler la croissance, ajuster au mieux les parités pour défendre nos exportations et ce n'est malheureusement pas encore le cas.
Enfin et surtout, et c'est l'insistance de notre groupe, l'Union doit contrebalancer cette instabilité de l'économie financiarisée par une protection sociale efficace, des services publics solides, des droits sociaux garantis pour les travailleurs.
Monsieur le Président, en ce moment, l'Europe doit être beaucoup plus anticipatrice, protectrice, c'est pourquoi elle ne peut être un simple marché intérieur dans le vaste marché global. Elle doit être plus sociale. C'est aussi comme cela qu'elle retrouvera davantage de soutien et de confiance de la part des citoyens.
Alors, nous soutenons la stratégie de Lisbonne, nous soutenons une stratégie de Lisbonne qui repose réellement sur ces trois piliers – et tout à l'heure, vous les avez développés, mais il faut traduire vos déclarations en actes, en politiques réelles de l'Union, faute de quoi on en restera aux paroles verbales en ce qui concerne vos intentions sociales.
C'est pourquoi nous avons demandé la révision des lignes directrices, parce qu'elles sont le principal instrument de pilotage de la stratégie de Lisbonne. Mais nous demandons surtout concrètement, car c'est la substance qui importe, que vous relanciez l'agenda social européen, qu'il y ait, par exemple, face au cas Laval, une réaction de la Commission, qu'elle utilise son pouvoir d'initiative pour proposer une révision de la directive sur le détachement des travailleurs; qu'il y ait une révision ambitieuse de la directive sur les comités d'entreprise européens pour que le dialogue social dans les grands groupes confrontés aux restructurations puisse intervenir en temps utile et être efficace; qu'il y ait une révision de la directive sur le temps de travail pour supprimer l'opt out et lutter contre les abus des temps de travail excessifs; qu'il y ait une adoption, enfin, de la directive sur le travail intérimaire pour lutter contre le travail précaire; que vous lanciez un programme ambitieux en matière de formation tout au long de la vie pour que cette cinquième liberté fondamentale, celle de la connaissance, puisse bénéficier à tous les citoyens, et pas seulement à une élite, pour que tous puissent développer leur potentiel en tant que travailleurs pour s'adapter aux mutations de l'économie et du marché du travail.
Voilà, Monsieur le Président de la Commission, notre message: utilisez votre pouvoir d'initiative pour aider le Conseil à adopter un programme ambitieux pour faire avancer l'Europe sociale. |
|
|
|
|
|
|