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Monsieur le Président de la Banque centrale européenne, chacun a salué la qualité de vos interventions au cours de l'été 2007. Nous vous remercions d'en avoir immédiatement rendu compte devant la commission économique et monétaire. Mais, aujourd'hui, vous avez augmenté les taux dans un contexte où chacun mesure que la crise n'est pas derrière nous et que les mauvaises nouvelles, y compris celles émises par les principales banques intervenant à l'échelle européenne, sont pour demain.
Lorsque nous vous avions vu en décembre dernier, vous nous aviez dit : "Au fond, en 2008, nous anticipons, il y aura une inflation de 3 % et puis les choses se calmeront". Aujourd'hui, l'inflation est de 4 % et vous nous dites: "J'ai augmenté les taux d'un quart de point et c'est tout". Mais avec une inflation importée, est-ce que, si votre stratégie est effectivement de rester si vigilant sur la question de la stabilité des prix, vous pourrez tenir cette ligne sur le court et le moyen termes, avec les risques que nous savons pour la croissance, et donc pour l'emploi?
Le phénomène que Claude Turmes a décrit, que nous pourrions qualifier comme étant celui de l'entrée de l'Union européenne dans la deuxième ère de la globalisation, nous conduit, me semble-t-il, à réévaluer les outils dont nous avons disposé pour faire face à la première ère de la globalisation. Cette première ère était favorable à une stabilité des prix, ou en tout cas à une réduction des prix des biens de consommation liée, notamment, aux phénomènes de délocalisation.
Aujourd'hui, dans cette nouvelle ère, nous sommes dans un nouvel équilibre et dans un nouveau modèle où ces pays qui, hier, étaient émergents, ont aujourd'hui pleinement pignon sur rue, y compris dans leur accès aux matières premières, avec les conséquences que nous savons sur les prix.
Alors, dans ce contexte – et là je m'adresse aux deux Jean-Claude puisque que, Monsieur Juncker, vous aviez raison de rappeler les compétences de l'Eurogroupe et de l'ECOFIN dans ce domaine, mais ceux-ci ne sont jamais présents dans cette commission et dans ce Parlement –, est-ce que la question fondamentale, à présent, n'est pas la question du rapport des taux de change, la question de l'achat des fournitures pétrolières en euros et la question de la capacité de l'Union européenne, notamment de sa zone euro, à s'exprimer d'une voix pour que, dix ans après le passage à l'euro, nous puissions enfin contribuer à un dialogue articulé et responsable entre les principales monnaies du monde pour obtenir le taux de change le plus favorable à notre croissance? |