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Premièrement, le Groupe international d'étude climatique nous a dit, avec l'autorité d'un consensus scientifique maintenant partagé, que l'Arctique est confronté à des dangers plus grands que ceux auxquels on pensait il y a seulement quatre ou cinq ans. Les conditions de vie des Inuits sont menacées, la diversité biologique est en cause. Bien des espèces, dont les ours blancs, sont aussi menacées.
Deuxièmement, c'est cette année aussi que, pour la première fois depuis quelques millénaires, la voie navigable autour de l'Arctique était ouverte en été, aussi bien par l'ouest que par l'est. Cela ne s'était jamais produit! Et il y a l'annonce, toute nouvelle et toute récente, de marées noires, de dégazages, de dégâts pétroliers dans l'Arctique.
Troisièmement, mon collègue du PPE vient à l'instant de rappeler qu'un sous-marin russe est allé planter le drapeau russe sur le pôle nord. C'était pour dire quoi? La Russie demande l'extension de sa zone maritime à tout son plateau continental. Ça fait 38 % de toute la surface de l'Arctique et c'est dramatique car c'est l'ouverture à une militarisation de l'Arctique. Le seul moyen, Monsieur le Commissaire, de bloquer cette procédure, qui est en cours devant le comité spécialisé des Nations unies, c'est d'ouvrir les négociations d'un traité international de protection. Jamais ce mot n'a été prononcé.
L'Union européenne a, avec le Groenland et le Danemark, un État riverain et deux autres États dans le territoire arctique. Notre association avec l'Islande est très étroite. L'Union a compétence – c'est, je crois, une urgence – pour le demander, aussi bien pour des raisons de sécurité, que pour des raisons de police de la navigation et de préservation climatique, de préservation des initiatives qui pourraient produire trop de calories.
Il faut dès maintenant ouvrir les négociations d'un traité protecteur de l'Arctique, comme il en existe un pour l'Antarctique. Je le sais d'autant mieux que j'ai été l'un des parrains de sa négociation. C'est avec ce souvenir que je vous propose de faire vite, nous sommes pressés! Il faut que cela intervienne avant la fin du traitement de la demande russe devant le comité de l'ONU. |