Résolution sur la réforme de l’OCM Sucre
Procédure : Proposition de Résolution
Débat : 10 mars 2005
Vote : 10 mars 2005
Co-auteur d'une proposition de résolution sur la prochaine réforme de l'OCM sucre, Jean-Claude Fruteau s'est félicité au nom de la Délégation socialiste française du vote positif intervenu le 10 mars en séance plénière. Structurée autour de 4 principaux éléments (une baisse limitée des prix et des quotas, l'organisation de la restructuration grâce à la mise en place d'un fonds spécifique géré par l'Union Européenne, la régulation du marché par le maintien d'un contrôle de la gestion de l'offre de sucre, la stabilité de l'OCM sucre ainsi réformée jusqu'en 2012) cette proposition de résolution "très équilibrée, cohérente et volontariste" a été votée par l'assemblée plénière à une large majorité.
« Ce large consensus place le Parlement dans une position de force, en lui offrant l'unité nécessaire pour peser dans les choix qui seront effectués par la Commission européenne lors de l'élaboration de sa proposition législative dans les prochains mois », a ajouté Jean-Claude Fruteau.
Les objectifs visés par la résolution sont les suivants :
- l'adaptation de l'OCM sucre aux règles du commerce mondial (OMC) : de ce point de vue, la réforme est indispensable et inévitable
- l'amélioration de la compétitivité de la filière sucre européenne
- la prise en considération de la dimension sociale du dossier, en tenant compte des agriculteurs et des salariés liés à la filière sucre européenne
- le respect du principe de solidarité à l'égard des régions européennes les plus fragiles et de nos partenaires ACP et PMA ;
« La Commission avait avancé une série de propositions inacceptables. Le Parlement, par le vote intervenu aujourd'hui, a montré son hostilité vis-à-vis de la vision ultra-libérale de l'exécutif bruxellois », a ajouté le député socialiste Stéphane Le Foll, membre de la commission de l'agriculture au Parlement européen. Dans cette perspective, la résolution votée par le Parlement européen préconise les mesures suivantes :
- une baisse des prix et des quotas, mais limitée au strict nécessaire afin de tenir compte des intérêts des agriculteurs européens et pour respecter nos engagements à l'OMC. Cette mesure doit en outre se doubler d'un niveau de compensations qui réponde réellement aux besoins.
- une restructuration du secteur organisée par le biais d'un Fonds de restructuration, qui permette à ceux qui le souhaitent de quitter la production sucrière dans des conditions décentes, afin de pouvoir se réorienter vers des productions alternatives. Ce fonds, financé par les acteurs de la filière, est budgétairement neutre.
- Une adaptation de l'initiative "Tout Sauf les Armes" (TSA - initiative visant à ouvrir aux pays les moins avancés de la planète des marchés agricoles européens aussi sensibles que ceux de la banane ou du sucre) dans le domaine du sucre, afin de répondre favorablement aux demandes répétées des pays ACP et PMA (Pays les Moins Avancés), qui ont perçu que l'application en l'état de l'initiative TSA ne leur était pas favorable, mais également afin que l'Europe puisse conserver une capacité de gestion de l'offre de sucre sur son marché.
- Le refus que la réforme concernée puisse être à nouveau remise en cause dès 2008 comme le propose la Commission. La résolution exige que la réforme à venir reste effective jusqu'à la fin de l'année 2012, afin que les acteurs de la filière bénéficient de la visibilité nécessaire pour mener à bien leurs investissements et ainsi accroître leur compétitivité.
La culture de la betterave sucrière occupe une place importante de la production agricole française. Parmi les plus compétitives d'Europe, la filière sucrière hexagonale est directement concernée par la réforme de l'Organisation Commune du Marché de l'Union européenne.
Parallèlement, la culture de la canne à sucre fait partie intégrante du tissu économique et social des départements français d'Outre-mer, où elle constitue le socle irremplaçable de l'économie agricole et de la société rurale. Vice-président de la commission parlementaire de l'agriculture, le député européen des départements d'Outremer (DOM), Jean-Claude Fruteau s'est battu pour que l'Europe tienne compte des spécificités de la production dans les régions d'outre-mer. Suivant ses recommandations, le Parlement européen s'est clairement prononcé dans sa résolution en faveur d'une compensation totale des éventuelles pertes de revenus que pourraient subir les agriculteurs ultramarins. Il a également exprimé sa demande de voir rétabli le mécanisme essentiel d'aide à l'écoulement (aide destinée à contrebalancer l'éloignement géographique des RUP).
Espérons que le message soit enfin entendu par la Commission...
Rapport Antolín Sanchez Presedo (PSE, Espagne) sur le système de préférences généralisées (SPG)
Débat: le 8 mars 2004
Jean-Claude Fruteau a tenu à féliciter le rapporteur socialiste espagnol Antolín Sanchez Presedo pour son excellent travail, qui va dans le sens d'une simplification et d'une plus grande efficacité du Système de Préférences Généralisées. Il a tenu plus spécifiquement à remercier Antolín Presedo pour avoir pris en considération dans sa démarche l'impact de l'initiative "Tout Sauf les Armes" dans le domaine du Sucre, au regard notamment de la prochaine réforme de l’Organisation Commune de Marché.
Ce rapport sur le Système de Préférences Généralisées laisse la possibilité d'adapter l'initiative Tout Sauf les Armes, en permettant – si nécessaire – de prolonger la période transitoire précédant l'ouverture totale du marché. De cette avancée notable, due à la clairvoyance du rapporteur, dépend la survie économique des Pays les Moins Avancés (PMA). Elle leur donnera le temps, en accord avec la réforme de l'OCM Sucre, de moderniser leurs structures de production pour s'adapter à la nouvelle donne européenne.
Le député socialiste français, Kader Arif, membre de la commission du commerce international au Parlement européen, a tenu à souligner les avancées notables de ce nouveau règlement, non seulement en termes de simplification avec la réduction du nombre de régimes, tout en concentrant les bénéfices du SPG sur les pays qui en ont le plus besoin, ou en termes d'incitation au respect des pratiques conformes au développement durable et à la bonne gouvernance, mais également en termes d'adoption rapide du nouveau règlement, afin d'apporter au plus tôt un appui commercial supplémentaire aux pays touchés par le tsunami.
Sur ce dernier point, il reste néanmoins inquiet quant à la capacité des pays bénéficiaires, et particulièrement ceux touchés par le raz-de-marée, à pouvoir effectuer rapidement les démarches administratives nécessaires pour bénéficier du nouveau système.
Par ailleurs, concernant les règles d'origine, même s’il se réjouit d'une plus grande souplesse prévue dans le texte, l'Union européenne doit avoir pour priorité une harmonisation de ces règles au plan international, notamment au sein de l'OMC. En effet, les pays en développement doivent s'adapter aux règles d'origine spécifiques de chaque pays qui leur accorde un système de préférence, ce qui rend les démarches très compliquées et coûteuses, au point d'en perdre parfois même tout intérêt commercial. Il a également insisté sur le fait que le Parlement demande à la Commission de suivre de très près l'application du nouveau système, afin de déterminer s'il atteint bien les objectifs qui lui sont fixés, et ce pays par pays.
Il a terminé son discours en séance plénière en rappelant que le SPG n'est qu'un des instruments destinés à favoriser le développement des pays les plus pauvres et leur pleine insertion dans le commerce international. « Si nous souhaitons réellement aider les pays pauvres à tirer bénéfice de la mondialisation, il nous faut repenser dans leur ensemble les règles du commerce mondial dans un sens plus équitable, en liant dans notre réflexion commerce et développement durable », a-t-il conclu.
Journée internationale de la Femme
Débat : 8 mars 2005
La journée internationale de la femme rappelle que la lutte contre toutes les discriminations et pour de nouveaux droits reste plus que jamais d’actualité.
L'eurodéputée socialiste française Bernadette Vergnaud, membre de la commission des droits de la femme au Parlement européen, est intervenue ce matin lors de la séance plénière à Strasbourg, pour interpeller la Commission européenne et le Conseil des ministres sur l'inégalité que subissent les femmes dans leur vie quotidienne et sur cette situation qui demeure, hélas, inchangée.
En effet, dix ans après la Conférence de Pékin, la réalité continue d'être implacable pour des millions de femmes dans l'Union européenne :
- 3 points de plus pour le chômage des femmes par rapport aux hommes,
- 33% de femmes travaillent à temps partiel non choisi contre 6% d'hommes,
- pour un même travail, les écarts de salaires varient de 16 à 30 %,
- une femme sur cinq dans l'UE est victime de violences domestiques, ce qui est une grave violation des droits de l'homme et doit désormais relever du domaine public,
- en 20 ans, le nombre de prostituées recensées a été multiplié par 10 et 90% d'entre elles subissent des violences de leurs souteneurs et de leurs clients.
« Il apparaît nécessaire et urgent d'impulser des politiques volontaristes d'information des droits, d'application des législations existantes par les Etats membres et mettre en oeuvre une politique efficace de contrôles et de sanctions. Il ne suffit pas de fixer des objectifs ambitieux pour faire 10 ans, 20 ans, 30 ans après, toujours le même constat. Enfin, il ne suffit pas de se donner bonne conscience un jour par an puis de mépriser les femmes le reste du temps. L'Europe élargie, réunifiée, terre de liberté, terre des droits de l'homme, a le devoir de se mettre en conformité avec sa future Constitution », a déclaré Bernadette Vergnaud. « Même si une journée par an peut paraître dérisoire, il s’agit chaque 8 mars d’insister sur la nécessaire égalité entre hommes et femmes et le besoin d’agir concrètement », a renchéri Marie-Line Reynaud, également membre de la même commission parlementaire.
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, mes chers Collègues,
10 ans après la Conférence de Pékin, la réalité continue d'être implacable pour des millions de femmes dans l'Union Européenne.
- 3 points de plus pour le chômage des femmes par rapport aux hommes,
- 33% de femmes travaillent à temps partiel non choisi contre 6% d'hommes,
- pour un même travail, les écarts de salaires varient de 16 à 30 %,
- une femme sur cinq dans l'UE est victime de violences domestiques, ce qui est une grave violation des droits de l'homme et doit désormais relever du domaine public,
- en 20 ans, le nombre de prostituées recensées a été multiplié par 10 et 90% d'entre elles subissent des violences de leurs souteneurs et de leurs clients,
Monsieur le Commissaire, il apparaît nécessaire et urgent d'impulser des politiques volontaristes d'information des droits, d'application des législations existantes par les Etats membres et mettre en oeuvre une politique efficace de contrôle et de sanction.
Car il ne suffit pas de fixer des objectifs ambitieux pour faire 10 ans, 20 ans, 30 ans après, toujours le même constat.
Il ne suffit pas et ceci est valable pour nous tous de se donner bonne conscience un jour par an puis de mépriser les femmes le reste du temps. L'Europe élargie, réunifiée, terre de liberté, terre des droits de l'homme, a le devoir de se mettre en conformité avec sa future Constitution.
Révision à mi-parcours de la stratégie de Lisbonne
Procédure : Résolution
Débat : 9 mars 2005
Vote : 9 mars 2005 (adoptée par 514 voix pour, 110 contre et 20 abstentions)
Les eurodéputés socialistes français ont voté jeudi en faveur d'une résolution du Parlement européen sur la révision à mi-parcours de la Stratégie de Lisbonne. S'il aurait souhaité aller plus loin sur de nombreux points (soutien à la réforme du pacte de stabilité, lancement d'un emprunt type Delors, fiscalité, social, ressources propres de l'Union, etc.), Harlem Désir, co-rapporteur socialiste du Parlement européen sur la résolution, estime que le texte constitue globalement un projet équilibré bien meilleur que celui exposé par la Commission européenne dans sa communication du 2 février dernier. Il a réussi à convaincre la droite à modifier un amendement portant sur la réforme des retraites et les fonds de pension (basés sur la capitalisation).
Harlem Désir a, en effet, failli ne pas voter son propre rapport en raison d'un amendement introduit par le PPE, inacceptable aux yeux des socialistes français: la droite a persisté à vouloir introduire un amendement concernant la réforme des pensions, notamment une initiative en faveur des fonds de pension (capitalisation).
« Nous ne pouvions accepter que l'on utilise la Stratégie de Lisbonne et la résolution du Parlement sur sa révision à mi-parcours pour pousser au développement des retraites par capitalisation », a souligné le député français, par ailleurs vice-président du groupe socialiste au Parlement européen.
Le rapporteur socialiste a enfin appelé la Commission à ne pas opposer les trois dimensions économique, sociale et environnementale de Lisbonne. « Leur combinaison est essentielle à la réussite de la stratégie qui doit se fonder sur les atouts du modèle européen et non sur son démantèlement ». Pour les socialistes, le modèle social est un atout pour adapter l’Europe à la nouvelle donne de l’économie de la connaissance, même si des réformes sont nécessaires comme l’ont montré les pays nordiques qui ont mis l’accent sur la formation tout au long de la vie, la priorité à la recherche et à l'innovation et non sur l’affaiblissement des systèmes de protection sociale. La résolution adoptée souligne par ailleurs l'importance de réaliser un Marché unique des services, tout en invitant la Commission à adopter un cadre juridique communautaire pour les services d'intérêt général, garantissant la qualité et l'accès pour tous les Européens en respectant les principes de subsidiarité et de proportionnalité.
Pour Pervenche Berès, présidente de la commission économique et monétaire au Parlement européen, la stratégie de Lisbonne est un bon exemple de la valeur ajoutée que peut apporter l'UE. Elle a toutefois regretté en séance plénière que les moyens ne sont pas à la hauteur des objectifs affichés de la Stratégie. Deux rendez vous sont essentiels à cet égard: l'adoption des prochaines perspectives financières et la réforme du pacte de stabilité.
Rapport Ingo Schmitt (PPE, Allemagne) - Licence communautaire de contrôleur de la circulation aérienne : Présage anti-Bolkestein ?
Débat : 7 mars 2005
A l'occasion du vote en première lecture de la proposition de Directive européenne instaurant une licence européenne pour les contrôleurs aériens, le Parlement européen a adopté à une très large majorité un amendement initialement déposé par Gilles Savary et Ines Ayala Sender (socialiste espagnole) précisant que les conditions d'emploi des contrôleurs aériens titulaires d'une licence européenne s'effectuent selon la législation du pays d'accueil où ils exerceront leurs activités.
Adopté à une très large majorité par le Parlement européen, cet amendement réaffirme le principe de la mobilité professionnelle selon le principe du pays d'accueil, contrairement au projet de Directive Bolkestein sur les services qui propose de généraliser le principe du pays d'origine.
« Cette Directive qui procède par harmonisation des formations, certification européenne des centres de qualifications, indépendance des contrôles et reconnaissance mutuelle est conforme à la méthode communautaire », a déclaré Gilles Savary, vice-président (PSE) de la commission parlementaire des transports lors du débat parlementaire.
« Dans l'esprit, elle illustre l'anti-Bolkestein. L'objectif est triple: harmoniser les qualifications, garantir un haut niveau de sécurité, permettre la mobilité des personnels. Cette proposition de Directive démontre que ces 3 objectifs sont tout à fait conciliables. Elle démontre aussi que l'Europe du Ciel peut se faire en pleine concertation avec l'ensemble des acteurs concernés, y compris les personnels », a-t-il rajouté.
Le rapport du Parlement européen sera transmis au Conseil des ministres des transports qui, dans le cadre de la procédure de co-décision, devra se prononcer sur les amendements votés par le Parlement européen avant que le texte de la Directive ne soit définitivement adopté.
Directive sur la brevetabilité des logiciels
Débat : 8 mars 2005
La polémique s'est installée entre la Commission et le Parlement au sujet de la directive sur la brevetabilité des inventions mises en œuvre par ordinateur. Mardi 8 mars, lors du débat en séance plénière, les députés s'en sont pris au refus de la Commission de soumettre son projet de directive à un nouveau vote en première lecture au Parlement. Ils ont également critiqué le champ d'application de la directive.
Le commissaire au Marché intérieur, Charlie McCreevy, a expliqué aux députés que la Commission n'aurait pas pu présenter une nouvelle proposition étant donné que le Conseil était sur le point d'adopter sa position commune (ce qu'il a fait le lundi 7 mars). Il a ensuite justifié le champ d'application de sa directive, faisant valoir qu'elle "ne porte pas sur les logiciels en tant que tels". Le commissaire a toutefois aussi mis l'accent sur l'importance qu'il attachera à l'avis que rendra le Parlement en deuxième lecture. « Si le Parlement rejette alors cette proposition, la Commission respectera ce verdict et ne présentera pas d'autre proposition en la matière », a-t-il affirmé.
« Cette situation est catastrophique », a déclaré le rapporteur du Parlement, le député socialiste français Michel Rocard. L'important, pour lui, c'est de limiter le champ d'application de la directive afin d'éviter toute confusion puisque ce texte ne définit pas clairement « ce qui est brevetable et ce qui ne l'est pas ». Tous les groupes politiques ont jugé que le champ d'application de la directive était trop vague et comportait le risque de restreindre la liberté d'expression mais aussi de favoriser une concurrence déloyale au profit des géants de l'informatique. Plusieurs députés ont également souligné la nécessité de protéger les petites entreprises des surcoûts d'ordre juridique, faisant valoir que le copyright offre déjà une protection juridique couvrant les logiciels.
La directive vise à harmoniser les différentes législations nationales régissant les brevets afin de clarifier ce qui est et ce qui n'est pas brevetable. La question centrale est de savoir s'il convient de légaliser formellement la pratique actuelle de l'Office européen des brevets qui consiste à accorder des brevets aux inventions par ordinateur. Depuis la première lecture, cette directive a été décriée par les partisans des logiciels "open source", principalement des petites sociétés, redoutant que la brevetabilité ne fasse monter les coûts juridiques. Ils estiment que le copyright protège déjà leurs inventions et que, contrairement au brevet, il est gratuit. Selon Michel Rocard, pour être brevetables, les inventions par ordinateur doivent avoir une application industrielle (téléphones cellulaires, équipements domestiques, par exemple), comporter une innovation et apporter une contribution technique à l'état de l'art. En d'autres termes, les amendements du Parlement visaient à établir clairement que la simple utilisation d'un logiciel n'est pas une contribution technique.
Déclaration de la commission sur le commerce projeté d'ovules
Débat :8 mars 2005
L'article 3 de la Charte des Droits fondamentaux appelle « à l'interdiction de faire du corps humain et de ses parties, en tant que tels, une source de profit ». Le prélèvement d'ovules n'est, dans ce sens, pas anodin et suppose des traitements extrêmement lourds et douloureux. Martine Roure, coordinatrice de la commission des libertés civiles au Parlement européen, a plaidé en séance plénière à Strasbourg, pour un encadrement et une surveillance stricte du don d’organes dans son ensemble afin de protéger les personnes en situation de fragilité et ainsi éviter l’exploitation des êtres humains pour leurs cellules
Martine Roure a, par ailleurs, exprimé son regret que la décision cadre d'initiative grecque sur la prévention et le contrôle du trafic d'organes et de tissus humains n'ait toujours pas été adoptée par le Conseil. Les divergences entre les législations nationales créent un environnement favorable pour les réseaux criminels qui exploitent ces différences. Elle a donc demandé à la Commission quelles sont les mesures existantes et les mesures envisagées pour prévenir une nouvelle forme d'exploitation du corps de la femme…
Rapport Ilda Figueiredo (GUE, Portugal) sur la situation sociale dans l'Union
Débat : 8 mars 2005
Le député socialiste français Yannick Vaugrenard, membre de la commission des affaires sociales et de l’emploi au Parlement européen, a profité d’un débat à Strasbourg sur la situation sociale dans l’Union, pour souligner l'importance du modèle social européen, menacé par la Directive sur le temps de travail, ou celle sur les Services, alors que « les problèmes de pauvreté, d'exclusion sociale et de qualité de vie se posent davantage dans notre Europe à 25 ». C'est pourquoi, nous devons, a-t-il dit, encore plus aujourd'hui qu'hier, promouvoir une réelle cohésion sociale sur notre continent. « L'Europe est l'une des régions les plus riches du monde, ajoute Françoise Castex, membre de la même commission parlementaire. Et pourtant, le bilan social de l'Union européenne pour 2004 est très alarmant. Le chômage de masse, les inégalités sociales, l'instabilité et l'insécurité se sont développés au cours des vingt dernières années. En ce jour de célébration de la journée internationale de la femme, il n'est pas superflu de rappeler que les femmes sont les premières victimes de cette situation. »
Le développement social et la lutte contre la pauvreté sont des objectifs communs des Etats membres de l'Union au même titre que la croissance et la compétitivité, pourtant plus de 70 millions de citoyens européens sont menacés de grande pauvreté. Françoise Castex a appelé à une politique volontariste qui doit se traduire par un agenda social 2006-2010, qui prenne des mesures concrètes. Elle a enfin cité deux axes de travail:
- le besoin d’harmoniser les statuts de tous les salariés assortis de droits et de garantie, dans le domaine de la protection sociale et de la formation
- le partage des richesses de l'Union qui permette la solidarité, et non la concurrence, entre régions riches et régions pauvres, et qui s'appuie sur la mise en place de services publics accessibles à tous notamment pour la santé, le logement et l'énergie.
Question orale sur le transfert des données des passagers
Date : 9 mars 2005
La députée socialiste Martine Roure a plaidé pour de meilleures garanties quant au niveau de protection des données des passagers aériens européens et leur transmission automatique aux autorités américaines. Elle est d’avis qu'en l'absence de l'avis de la Cour de Justice et suite à l'avis négatif du Parlement européen, la transmission automatique de ces données constitue une violation des droits des citoyens européens à la protection de leur vie privée.
Selon elle, « les autorités américaines ne peuvent pas garantir le niveau de protection des données que nous exigeons en Europe et que nous demandons par ailleurs à d'autres pays tiers comme l'Australie ou le Canada. En particulier, nous n'avons aucun moyen de savoir qui a accès à ces données ». La question devrait être réglée en respectant les droits fondamentaux et ainsi suivre les principes définis par le Parlement européen à savoir :
- Nous devrions définir les données qui pourraient être transférées d’une manière automatisée et celles qui pourraient être transférées au cas par cas.
- Nous souhaitons la liste des crimes graves pour lesquels une demande supplémentaire pourra être faite et la liste des autorités et agences qui pourraient avoir accès aux données et les conditions de protection des données à respecter.
- Nous voulons connaître la période de rétention pour les deux types de données, tout en sachant que les données traitant de la prévention des crimes graves doivent être échangées conformément à l’Accord Union européenne-Etats-Unis sur la coopération judiciaire et l’extradition.
- Nous voulons nous assurer que les passagers ont des garanties afin de corriger les données qui les concernent.
Déclaration de la Commission européenne sur la situation au Tibet
Débat : 10 mars 2005
La politique européenne envers la Chine est basée sur un dialogue politique et un véritable échange. C'est uniquement grâce à cet échange que nous pouvons aider nos amis chinois dans leur transition vers une société ouverte plus respectueuse des droits de l'Homme et de l'Etat de droit, a affirmé Martine Roure en séance plénière à Strasbourg. Cet échange doit également être le maître mot dans nos discussions sur le Tibet. « Le cas récent de Tenzin Delek Rinpoché nous a permis de lancer un appel au gouvernement chinois pour l'amélioration des conditions de détention dans les prisons. En effet, si la Chine souhaite voir son rôle mondial accroître, elle se doit de respecter les normes internationales pour la détention y compris au Tibet. » C’est la raison pour laquelle la députée socialiste française s’est réjouie de la libération de prisonniers d'opinion au Tibet. Elle a réitéré sa demande d’abolition de la peine de mort, et a invité la Chine à ratifier le pacte international sur les droits civils et politiques de Nations unies. Enfin, elle a encouragé la Chine à poursuivre un dialogue avec les représentants du Dalai Lama.
Déclarations du Conseil et de la Commission sur la situation au Liban
Débat : 8 mars 2005
Béatrice Patrie, présidente de la délégation interparlementaire en charge des relations avec le Mashrek, a condamné à Strasbourg très fermement l'utilisation de la violence comme arme politique: « l'attentat contre M. Hariri est, à ce titre, symbolique d'une escalade intolérable », et l’enquête internationale, indispensable, devra faire toute la lumière sur les responsabilités de ceux qui cherchent à déstabiliser le Liban et à instaurer un climat de terreur.
Elle a plaidé pour que l’UE soutienne la mobilisation massive, la ferveur populaire des libanais, toutes confessions réunies, en faveur d'une pleine souveraineté du Liban. A ce titre, le respect complet et rapide de la résolution 1559 est une priorité essentielle. La résolution 1559 réaffirme l'attachement de la communauté internationale à l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance du Liban, comme le faisait déjà la résolution 425, et demande expressément le retrait des forces étrangères du Liban et le désarmement des milices libanaises et non-libanaises.
L'expérience réussie du vote en Palestine illustre l'intérêt de la présence d'observateurs européens et Béatrice Patrie souhaite que le gouvernement libanais saisisse cette main tendue.
Suite à l'attentat du 14 février 2005, sous la pression de l'opinion internationale et du peuple libanais, le président syrien Bachar Al-Assad a annoncé samedi dernier, à la demande notamment de la France et des Etats-Unis, le retrait en deux étapes de ses troupes du Liban, vers la Bekaa et ensuite vers la frontière syro-libanaise, un retrait qui a été confirmé par un récent communiqué du Haut-Conseil syro-libanais.
« C'est un premier pas vers le retrait militaire nécessaire depuis tant d'années. C'est également un premier pas de la Syrie vers la mise en oeuvre de la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l'ONU. Nous devons le prendre en compte, mais aussi demeurer très fermes et exigeants », a ajouté Pierre Moscovici, membre de la commission des affaires étrangères du Parlement européen.
« Le Liban ne saurait rester associé plus longtemps aux images de division, d'occupation et de violence qui nous heurtent depuis des décennies maintenant. L'Union européenne doit apporter tout son soutien au peuple libanais afin qu'il retrouve toute sa liberté. C'est ce message que le Parlement européen doit porter avec force », a conclu le député socialiste français.