Cette initiative ne pouvait pas être, à l'évidence, une initiative seulement franco‑française ou euro-européenne, ni l'expression d'une vision sécuritaire des relations euro-méditerranéennes.
Je me félicite donc ce matin des propos de Mme la Commissaire, des propositions concrètes qui ont été avancées et qui répondent à certaines de nos préoccupations. Ce projet commun doit être celui d'un dialogue concerté, basé sur la parité et la cogestion. Mais la relation euro-méditerranéenne est une relation asymétrique, passionnelle et irrationnelle. Asymétrique sur le plan des échanges, à l'évidence, tant dans les échanges Nord-Sud, que dans les échanges Sud-Sud. Il faudra d'ailleurs s'interroger sur la mise en place ou non d'une zone de libre-échange en 2010. Irrationnelle, car elle est basée sur des relations liées à une histoire souvent douloureuse, compliquée, et aujourd'hui amplifiée par ce que certains conservateurs souhaitent, c'est-à-dire le choc des civilisations, une confrontation entre le bloc occidental et le bloc oriental.
Donc, si nous devions, nous, prendre des décisions, les premières seraient de regarder cette relation euro-méditerranéenne sans passion et avec rationalité. Rationalité, en renforçant le rôle des parlements, et en particulier le rôle de l'APEM; rationalité en ce qui concerne nos propositions sur la bonne gouvernance; rationalité quant à l'aide que l'on peut donner en termes de Sud-Sud; rationalité aussi sur la liberté de circulation des personnes, sur la question israélo-palestinienne. Il nous faudrait également dépassionner parce que si nous ne sommes pas capables de dépassionner, nous ne créerons pas cette zone de paix et nous n'éviterons pas ce choc des civilisations que certains souhaitent.