Nous, socialistes, sommes favorables à la mise en place de règles minimales concernant le retour des étrangers en situation irrégulière car nous défendons depuis toujours une approche responsable et humaine de l'immigration clandestine et savons que certains Etats de l'Union pratiquent en la matière des politiques inacceptables du point de vue du respect des droits fondamentaux.
Mais force est de constater que le soi-disant "compromis" soutenu par les conservateurs et la majorité des libéraux ne permet, à cet égard, pas d'amélioration. Il ne s'applique en effet ni aux demandeurs d'asile, ni aux personnes interceptées à la frontière. Surtout, il laisse aux Etats membres beaucoup trop de latitude sur des questions essentielles comme les droits des mineurs ou encore la durée de rétention. Cette dernière pourra ainsi être étendue jusqu'à 18 mois !
Comme beaucoup de mes collègues, je me refuse à cautionner la possibilité d'enfermer pendant un an et demi des personnes dont le seul crime est d'avoir voulu chercher sur le territoire européen des conditions de vie meilleures.
C'est pourquoi, si les amendements déposés par mon groupe sont rejetés, je voterai, en conscience, contre ce texte.